trans-parence-lucide

Exposition du 18 novembre au 31 décembre 2016

Vernissage le 18 novembre de 18h à 20h

Christian Valverde : trans-parence-lucide

Préface

Dense et légère, contrastée et neutre, dynamique et figée, l’oeuvre de Valverde est la rencontre de trois éléments fondamentalement picturaux : surface, couleur, trace.

La trace qui fait signe, symbole, et permet au regardeur de s’y retrouver. Que ce soit dans une abstraction, ou une ombre humaine : sorte de dessin allusif d’un corps schématique, mis en lumière. Portrait dérobé !

Le peintre dessine des traits en surface qu’il érige en système ; semblables à des dépôts toujours différents, des graffiti fluorescents qui construisent son vocabulaire plastique. On parle toujours de l’homme, voire de l’humain.

Et sa surface se souvient du passage ; c’est le support de la trace qu’elle reçoit. Modestie du médium choisi s’il en est ! De simples panneaux de contreplaqué, associés à de la peinture glycéro,  achetés dans les magasins de bricolage. La plaque industrielle brute et vierge, neutre et intemporelle, c’est sa page blanche ouverte à la création.

« Il y a la couleur ardente, jubilatoire, excessive mais surtout la liberté face au matériau ». Eric de Chassey à propos de Viallat.

La couleur, dessus ou dessous le plexi – autre matériel industriel dans l’atelier de l’artiste- se réfère au monde moderne. Écrans de couleur, enseignes lumineuses, signes du monde contemporain. C’est elle qui, par ses contrastes violents, structure l’espace du tableau comme un souvenir constant de notre environnement.

Pas de mélange ou de recette d’atelier chez Valverde ! Au contraire une grande liberté de l’emploi de la couleur toute prête et de sa place dans l’espace du tableau. D’un geste à la fois nerveux et  mesuré, le peintre est le maître d’oeuvre.

Christian Valverde a regardé les traces pariétales dans la grotte préhistorique, tout comme il se souvient des synthèses de Fra Angelico à Florence ou des avancées spatiales de Caravage. Sans oublier les économies de moyen de Matisse et l’extraordinaire efficacité visuelle du Pop Art.

A l’école des Beaux- Arts de Valence, il s’est nourri des expériences du mouvement support-surface avec son professeur du moment Pierre Buraglio.

L’an 2000 marque un tournant dans le travail du peintre « sans pinceau ». Le plexiglass rejoint toile, bois, carton, papier de soie. Ce matériau tout fait change de nature dans les mains du peintre,
comme il change la nature de sa production artistique. Il valorise la couleur dès qu’il devient matière picturale voire même surface poétique… son esthétique est éprise de simplicité, de lumière, de trans-lucidité.

Méditerranéen né, l’homme travaille dans le sud, attaché à son territoire. Sa couleur est lumière. Elle vit des ciels bleus saturés, des couchers de soleil aveuglants, des champs de tournesol fluo, des lavandes et des coquelicots.

« J’avance à découvert nous dit-il. Pas de glacis, pas de perspective trompeuse, pas de représentation bavarde, pas d’excès techniques et séduisants, pas de pinceaux, presque jamais de croquis préparatoire, pas de narration non plus. J’aime à dire que je fais des choix plus que je n’élabore ».

Convaincu qu’il existe une peinture absolue comme il existe une réalité mathématique, Valverde est un peintre sans pinceau, sans sujet, lucide et transparent, comme son oeuvre.

Hélène VALVERDE :
développement de l’offre Art.
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