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fragments intermédiaires
du vendredi du 13 mars
au samedi 25 avril 2026
inauguration le vendredi 13 mars 2026 à partir de 18h00
Le ravissement de l’image
Habitée depuis longtemps par le sujet du paysage, Sylvie Dupin recourt à des matériaux humbles et inattendus – de la craie, des allumettes, des élastiques… pour traiter le sujet dans des installations maintenues sur une très petite échelle. Si elle révèle les propriétés sensibles des matières par leur présentation hors du cadre d’usage, l’artiste les situe en même temps dans des réseaux de compréhension plus nourris, jouant des échelles, des mises en scène et des titres polysémiques.
L’ensemble de ce travail, peinture, dessin, installation, est fondé sur une pratique éprouvée de l’observation, presque un topos chez Sylvie Dupin, qui évite tout système, notamment l’injonction si fréquente de l’hyper-focalisation. L’attention qu’elle recherche peut aussi être flottante, en lisière de la pensée de Shitao, le moine Citrouille Amère : il « accueille les phénomènes sans qu’ils aient de forme1 », dans une observation à la fois passive et active.
La récente série Bergère de France, dont le titre suranné reprend la marque de la dernière filature en France, est faite de longs fils de laine juxtaposés sur du papier aquarelle – présentation inspirée des échantillons commerciaux. L’artiste a défini des champs colorés par des trempages successifs dans des teintures, qui font surgir du moelleux des fibres des paysages flous et subliminaux. Ce passage de la ligne à la surface, décrit comme une évidence par Kandinsky2, prend ici la valeur d’une présence du tissage, dans une pièce qui joue, comme souvent, avec les limites de la visibilité.
La suite d’aquarelles traçant des routes roses dans un paysage ultra simplifié porte des titres lourds de sens, Déroute, Voix de détresse, Les routes du doute. Elles exposent avant tout des trajectoires, que l’artiste réifie et transforme en végétaux, en jouets abstraits ou autres étrangetés pop. Dans Déroute, elle se prend à rêver d’une inversion du système perspectif : les voies, soudain incohérentes, semblent plantées dans un improbable paysage de guimauve.
Les caractéristiques qu’elle retient des forêts sont lapidaires : la verticalité et le foisonnement, à l’échelle minuscule de bâtons de craie ou d’une poignée d’allumettes grand format, neuves (la pointe est capuchonnée de rouge) ou brûlées (pointe noire).
La dialectique entre réel et imaginaire est efficacement installée, de la réminiscence d’une sortie scolaire à l’actualité des feux de forêt.
Dans la suite des Bracelets en caoutchouc, elle se mesure aux problématiques de la sculpture par des moyens minuscules : combler l’espace intérieur d’un élastique par le plus grand nombre possible d’autres élastiques. Au-delà de la matière mate et moelleuse, fascinante par sa proximité avec la chair, ce sont des forces antagonistes qui sont exposées et qui produisent la forme, projetant le paradoxe de leurs énergies irradiantes dans une absolue mollesse formelle, aux antipodes du discours de dureté et de verticalité de la sculpture.
En explorant sans relâche les fondamentaux de la représentation, Sylvie Dupin introduit la double polarité de l’image, qu’elle situe entre la représentation analogique et la révélation d’un excès de l’image par la présence insistante du matériau.
Elle en tire un ravissement visuel, aux deux sens du terme : le plaisir de la révélation légère d’une image au milieu des textures et des échelles bouleversées ; mais aussi la disparition de l’illusion figurée, ravie à notre regard, pour nous redonner une pleine conscience et « délier l’empoisement, l’hypnose, du vraisemblable3 ».
Françoise Lonardoni
2 « La caractéristique de la ligne réside dans sa capacité à créer des surfaces », Kandinsky, Point et ligne sur plan, 1926.
3 Roland Barthes, En sortant du cinéma. In: Communications, 23, 1975. Psychanalyse et cinéma, pp. 104-107.
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