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j’me laisse aller
du jeudi 7 mai
au samedi 25 juin 2026
inauguration le jeudi 7 mai à partir de 17h00
« Vadim, je vais te proposer si tu es d’accord de faire revenir à toi le moment où tu crées une sculpture.
– Ah ok. Heu…ok…
– Prends le temps de choisir.
– Oui oui ben je vais te parler de la dernière que j’ai faite, c’est plus simple.
– Très bien d’accord. »
Démarre l’entretien. Je lui demande comment il s’y prend, dans quel lieu il est, lorsqu’il conçoit et lorsqu’il fabrique, construit. Je lui demande à quoi il pense à ce moment-là, comment il choisit les matériaux, à quel endroit il les trouve, ce qu’il voit, ce qu’il pense, ce qu’il ressent, projette ou découvre, ce qui se fait seul et ce qu’il décide.
Je découvre alors un process particulier :
Vadim assemble. Il assemble et détourne. Des objets ordinaires, des déchets, des rebuts. Il les assemble et les fait basculer vers une forme nouvelle, indéterminée et unifiée. Boîtes, boules, tubes, ou matériaux de récupération, toujours des formes géométriques simples deviennent les éléments d’un langage plastique fondé sur la rencontre et la transformation. Loin de toute recherche plastique préalable et figée, chaque pièce émerge d’un procédé rigoureux mais amendable en phase finale.
Les volumes sont d’abord réunis, maintenus ensemble de manière provisoire, parfois changeante, presque mouvante, puis progressivement et lentement enveloppés, liés, mis en tension.
« Les objets, que tu assembles, tu les regroupes sur une table ?
– Non, je suis dans une petite maison à la campagne. je n’ai pas beaucoup de place, peu d’espace, alors je les mets sur mes genoux, un peu comme on fait du tricot, devant la télé ou un feu de cheminée (rire). Un truc un peu mécanique en fait. Là je suis contraint par l’espace qui est donc l’écartement de mes genoux, les sculptures ne peuvent donc pas être plus grandes. Peut-être que si je faisais ces sculptures dans mon atelier elles seraient plus imposantes! Mais non parce que les composants ne suivraient pas, ça doit rester des éléments simples, facile à trouver, du matériel ordinaire, presque pauvre. Un peu « l’art d’accommoder les restes ».
Ce geste d’unification, par le scotch, le textile ou la peinture, joue un rôle central : il efface les contours initiaux des objets, il efface leur identité initiale pour faire apparaître une continuité formelle.
Ce qui était multiple devient un.
Les sculptures se construisent dans un équilibre instable. Entre accumulation et cohésion. Chaque ajout modifie l’ensemble, oblige à reconfigurer, à ajuster, à reconsidérer la forme en train d’apparaître. Cette approche donne naissance à des formes hybrides, à la fois compactes et dynamiques, où l’on devine encore la mémoire des objets initiaux sans jamais pouvoir les identifier pleinement. Ces formes semblent émerger d’un geste à la fois instinctif et retenu, comme si la matière avait été saisie dans un état de transition. Une sorte de logique interne au matériau et à l’assemblage lui-même. Entre apparition et effacement, les sculptures présentent des fragments d’objets reconnaissables, volumes géométriques, saillies organiques mais immédiatement contrariés par un travail d’enveloppement et de recouvrement. La surface, constituée de bandes superposées, agit comme une seconde peau. Elle dissimule autant qu’elle révèle. Par endroits, elle se tend jusqu’à épouser les reliefs internes : ailleurs, elle les contraint, les comprime, les suspend dans une tension silencieuse.
« les volumes n’ont pas de position définie, je les tourne dans mes mains constamment en les fabriquant, ils pourraient autant être présentés couchés, debout, à l’envers (s’il y a un envers et un endroit), en biais, en équilibre, faudrait presque les voir flotter en apesanteur mais ça leur donnerait une identité autre qui n’est pas celle que je veux leur octroyer. »
Souvent monochromes, elles affirment leur présence sculpturale. Le geste d’envelopper évoque autant la protection que l’entrave, le soin que l’empêchement.
Le processus de création reste volontairement ouvert. Sur certaines pièces polychromes la strate dominante laisse affleurer des éclats colorés — fragments géométriques rouges, jaunes, bleus, comme les vestiges d’une image antérieure, d’un langage visuel recouvert mais pas totalement effacé. Elles suggèrent une mémoire enfouie, une persistance du motif malgré la tentative de neutralisation.
« Et Le titre de l’expo « J’me laisse aller » ça vient d’où ?
C’est comme une altération du titre de ma premier exposition à la galerie 116 art en 2019 : « C’est pas d’ma faute ». Ici le travail avance par essais, reprises, déplacements, dans une attention constante aux relations entre les volumes, aux lignes de tension, aux surfaces qui se créent jusqu’à ce que l’esthétique me plaise. Cet intérêt plastique est une sorte de virement dans mon travail »
Ainsi la décision d’arrêter, de terminer une pièce, intervient lorsque la sculpture « tient », lorsqu’un équilibre sensible est atteint, plus rarement maintenant lorsque le geste s’épuise.
Géraldine Chuniqud
(extrait d’entretien d’explicitation)
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