Nature Morte

Exposition mai 2013

Préface

« Séduisantes au premier regard » : c’est  ainsi que Julie Sorrel envisage ses oeuvres et c’est ainsi qu’elles s’offrent aux visiteurs – avec la même spontanéité et la même intuition qui régissent en partie leur réalisation. Elles portent en elles la poésie ordinaire des « cose naturali » entre mimesis et symbolique, réel et illusion. Car si les objets sont immédiatement reconnaissables, leur image est soumise aux expérimentations de la plasticienne.

Le médium photographique est un outil pour Julie Sorrel qui prend plaisir à en explorer les possibilités techniques de réalisation et de monstration. Avec ses « volumes-photos », comme La chaise (2002), elle se joue des règles classiques de la représentation : la tridimensionnalité, comme l’échelle 1, ne donnent pas davantage de véracité à ces « semblants de nature », mais, au contraire, ne font que renforcer leur caractère « d’ersatz ». Les cartes (2001- 2011), froissées et floues, ne sont alors plus des outils d’orientation « à plat », mais deviennent elles-mêmes les paysages qu’elles schématisent. En passant de l’objet à l’image, l’artiste, suscite à chaque fois des visions poétiques et décalées au fort pouvoir d’évocation.

La vie silencieuse et immobile (Still-Life2) constitue le matériau de l’Oeuvre : une chaise de bureau, des cartes, des crânes, des assiettes, un sticker de chou-fleur sur le carrelage d’une cuisine… autant d’objets évoquant des environnements « tous baignant dans une commune torpeur. Ces lieux ne [s’ouvrent] que sur d’autres lieux semblables, laissant toujours en suspens l’inquiétude ou l’émerveillement du rêveur3 ». Car les images de Julie Sorrel génèrent des narrations. Elles nous plongent dans la sphère d’une intimité et poussent à voir et à s’interroger au-delà des apparences selon des principes de mise en abime, de multiplication des points de vue, de distorsion du temps et de l’espace. Chou-fleur (1997-2012) mêle ainsi des photographies prises en 1997 et la parole de leurs protagonistes quelques mois après les prises de vue, puis quinze années plus tard, mettant ainsi en exergue l’élasticité des souvenirs, les liens entre le regard et l’affect, le passage du constat à l’introspection, le caractère futile des choses.

Ainsi le « souffle léger4 » de la voix de la grand-mère de l’artiste constitue un écho aux Johann Vanitas (2013), dernière série réalisée selon les préceptes de la composition allégorique la plus symbolique de la Nature Morte.

Cette exposition présente des pièces témoins de 15 ans de pratique artistique. De ses premières recherches d’étudiante à sa nouvelle série, Julie Sorrel met en scène son propre cheminement, sa propre « vanité ». Elle tient à nous rappeler, comme elle le dit elle-même, qu’avant tout « l’artiste vit dans le monde ».

Adeline Lépine Journaliste

Horaire

13h-17h00
du jeudi au samedi
1er dimanche
de chaque mois
et sur rendez-vous

Galerie le 116art

116 route de frans
(derrière la gare)
69400 Villefranche-Sur-Saône
tél: 06 60 51 89 22
mail: galeriele116art@orange.fr

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